jeudi 6 avril 2017

Chapeau l'artiste !

C'est un après-midi du mois de décembre, je marche dans les rues de Foix.
Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec un grand Monsieur ! 

Doudoune Pyrenex, casquette noire en feutre, Louis Audoubert m'attend sur le trottoir devant ce café où nous avions fixé notre rendez-vous quelques jours plus tôt...
Immobile, il cherche autour de lui du regard puis m'aperçoit, aussitôt son visage s'illumine d'un grand sourire. On ne se connaît pas vraiment mais on se reconnaît tout de suite...


Notre première rencontre date d'il y a quelques semaines à peine. Nous nous sommes très rapidement croisés lors d'une de ses très rares conférences près de Toulouse. Nous avions alors échangé deux mots autour d'une affiche, une grande photographie de l'Arête de Peuterey, dédicacée de sa main avec ses quelques mots :

"Pour Lara, 1972-2012, 40 ans après sur cette même arête !"

Je n'avais alors eu le temps ni de lui exprimer mon admiration pour ses ascensions et ses ouvertures, ni de le féliciter pour ces films de 16mm et toutes ces diapos que nous venions de visionner, ni de le remercier pour ce bon moment rempli d'humour et de bonne humeur que nous venions tous de passer en l'écoutant nous conter quelques unes de ses aventures... Dommage j'aurais bien aimé...

Je me dis, aujourd'hui, que ce désir était probablement un peu réciproque puisque le lendemain matin, Louis prenait le temps de m'écrire me disant qu'il aurait beaucoup aimé discuter avec moi la veille et m'écouter lui conter mon "Intégrale"...
Je souris en me disant que c'est un peu le monde à l'envers !

Comment avait-il pu trouver si rapidement mon adresse mail en ne disposant que d'un simple prénom inscrit sur une affiche ? On avait échangé quelques secondes à peine, au milieu du brouhaha, dans un hall d'entrée, à la fin de la conférence. 
Tout cela m'étonne un peu de la part d'un homme qui pourrait avoir l'âge de mon grand-père et à la fois, cependant cela me conforte dans l'idée que je me suis faite de lui en l'écoutant. L'âge ne change rien à l'affaire. Il m'avait déjà démontré cette vivacité et ouverture d'esprit par ses anecdotes et récits tellement vivants et bourrés d'humour.

Le courant était donc visiblement passé dans les deux sens. Je crois que j'étais aussi contente et surprise d'avoir reçu un mail de ce célèbre alpiniste de 82 ans que si un pigeon voyageur m'avait amené un parchemin écrit de la main de Kilian Jornet !

C'est autour d'un cidre et d'un chocolat chaud que nous avons passé quelques heures ensemble : à parler, à rigoler de telle ou telle histoire, à regarder des photos et des films, à s'écouter simplement...
Bien sûr, j'avais déjà lu son livre "Fantastique Intégrale" dès mon retour de ce fabuleux voyage dans le Massif du Mont Blanc en 2012, mais entendre cette aventure m'être contée de vive voix : c'est tout autre chose ! La première ascension française puis la première hivernale, l'association avec les frères Squinobal, les rappels de la Noire "à l'épaule", la perte des crampons, les confits de canard... Le style Pyrénéen : manger pour avancer ! 
L'occasion aussi de se questionner sur telle ou telle chose comme  par exemple la présence de Craveri, ce petit refuge comme un demi bidon perché entre la Blanche et les Dames Anglaises... "Je cherche Louis ! Je cherche !"

C'est aussi un plaisir de l'écouter me raconter le Pérou, les Alpes, les Pyrénées, de l'entendre parler de tous ces jeunes qu'il a initiés à la montagne, de tous ces gens qu'il a baladés partout, des Canyons de la Sierra de Guara au sommets du monde entier... Je découvre alors "Le plus grand guide sans médaille des Pyrénées" !

Tu me parles aussi de prises "de doigts et d'ongles" intenables alors que je parle de "croûtes" à serrer. Tu évoques les coins et les pitons et moi, les coinceurs, les friends et les microfriends. Nous nous amusons aussi à comparer le "Nose" d'aujourd'hui et le "Nose" d'autrefois : les gros camalots, les sacs de hissage, les portaledges et la surfréquentation... Assurément, nous ne sommes pas de la même génération de grimpeurs. Plus de cinquante ans nous séparent et pourtant ! Nos yeux brillent et nos visages s'illuminent de la même manière lorsque l'on évoque ces ascensions !
Serait-ce cela la magie d'une passion commune ?


Il y a quelques jours à peine, je fêtais l'arrivée du printemps en paroi de Catalogne à Montrebei en grimpant un magnifique dièdre, il paraîtrait qu'on le nommerait "Dièdre Audoubert" du nom de son célèbre ouvreur..

Aller parcourir cette voie me tenait à cœur depuis quelques temps... C'est chose faite !


C'est avec plaisir et non sans émotion que j'ai suivi quelques heures durant les traces de Louis et de Marc Galy qui, d'une pierre deux coups, est à la fois son beau frère et un fidèle compagnon de cordée.
Cheminées étroites ou fissures très larges, le résultat est identique : ce n'est pas une balade de santé ! Je dirais même que c'est parfois assez malcommode et que ça grimpe sacrément !
Coincé au fond de la fissure en "mode limace" qui essaie de monter mais qui glisse désespérément vers le bas, je n'ai cessé de me demander : "Mais comment sont-ils bien passés par là ?! Comment se protéger là dedans ?!? Louis, explique moi !"

J'ai ma réponse : "Tu sais, on ne pouvait pas bien se protéger ; je progressais au début  par coincement et j'ai eu peur de certaines pierres que j'ai envoyées en bas. Pitons et coins étaient notre panacée à l'époque..."

Quel talent ! Chapeau Louis !


Au delà du fait de parcourir une belle voie, escalader ce dièdre a été pour moi l'occasion de me remémorer cette chouette rencontre et ces bons moments passés ensemble en décembre dernier...

Alors merci Louis !
Merci pour l'inspiration, pour les itinéraires tracés et les voies à suivre, merci pour nous, pauvres répétiteurs !
Merci pour ces chouettes moments partagés, pour ton humour et ta sympathie, pour cette leçon de vie... Si seulement je pouvais être comme toi à 80 ans !


Merci aussi pour ce cadeau, ce beau livre "Baltoro" et toutes ses belles montagnes qui ne peuvent être qu'une magnifique invitation au voyage ! Merci enfin pour la plus belle des dédicaces que tu pouvais y ajouter...

mercredi 22 mars 2017

Primavera en Montrebei !

 
"- Eh Raphaël, tu dirais quoi d'aller faire un tour à Montrebei ce week-end ?! 
- Ah ouais... Je connais seulement la paroi d'Aragon. Et toi ?
- Tout l'inverse, je ne connais que la paroi de Catalogne !"

Bingo ! C'est parti !
 
Voilà comment nous sommes allés fêter le printemps sur les plus belles parois nord espagnoles !

Imaginez deux immenses parois qui se rencontrent dans un défilé étroit qui verrouille un immense lac, un sentier taillé dans la roche ; ajoutez-y du caillou parfois gris et souvent orangé, des fois bon, d'autres fois beaucoup moins, des plateaux d'herbes rases fleuris de jonquilles miniatures ; parsemez de pas mal de pitons et de peu de spits, des centaines de grandes voies souvent longues et plutôt engagées, saupoudrez enfin de quelques vautours et de quelques rayons de soleil... Vous y êtes ! C'est Montrebei !
 
 
 
Deux jours, deux voies, deux parois... Tout un programme !

Programme bien rempli et sûrement un peu ambitieux vu que cela fait déjà quelques mois que je n'ai pas accroché de friends à mon baudrier, mes pieds n'ont qu'un vague souvenir de ce que les chaussons leur font habituellement subir, quant à la peau de mes  petits doigts, elle semble bien tendre ! Ca promet !

Pour cette remise en bras, nous optons pour des voies plutôt classiques afin de faire une petite visite touristique et de parfaire notre bronzage : Samedi au soleil, le matin, en paroi d'Aragon ; dimanche au soleil, l'après-midi, en paroi de Catalogne !

 
Samedi matin, nous attaquons par un peu de randonnée pour rejoindre le pied de la Paroi d'Aragon. Une heure plus tard, nous sommes au départ de "la Cade", 550 mètres d'escalade nous attendent !!

 
 

On se fait un peu secouer dès les premières longueurs : un relais plutôt mauvais et le départ de la longueur suivante assez expo... Ces deux éléments associés ne me plaisent pas trop...
Les pitons, ont semble-t-il, disparus et il ne reste plus que de pauvres trous dans lesquels il nous est impossible de caler le moindre friend... On bricole un moment à la recherche de la moindre fissure... Un peu désespérée, je l'avoue, j'entreprends d'agrandir une petite fente à coup de caillou et de décoinceur !
On se rassure comme on peut et on continue !

 
 
 
 
 
La suite déroule et fait beaucoup moins peur ! On se régale !
Des longueurs qui grimpent un peu et d'autres moins, un cheminement astucieux pour remonter ce grand pilier qui surplombe le lac.
Quand l'ombre nous rattrape, je me dis que l'heure a déjà pas mal tourné, mais à quoi bon regarder la montre : la sortie est vers le haut !

 
 
 
Relais dans la grotte !
Finalement après 18 longueurs et un passage dans une jolie petite grotte, on débouche sur le plateau en toute fin d'après midi... euh non, en début de soirée !
 
Le retour est encore long et la pénombre pas très loin ! De la marche, une petite barre à contourner, une petite arête facile, de la marche qui monte, à plat et enfin qui descend !
Merci les frontales et merci Iphigénie !
Deux heures plus tard, nous voici de retour à la voiture ! Dix minutes plus tard, nous sommes au bar de Puente de montañana devant un "lomo con queso" et une bonne "caña" pour célébrer ma première voie en paroi d'Aragon ! Youpi !
Je suis ravie d'avoir enfin grimpé sur cette paroi si souvent observée depuis la rive opposée...
 
Dimanche matin, c'est reparti ! A peine réveillés, j'ai déjà le nez dans les topos et je brasse le matos jeté à toute hâte dans le coffre de la voiture la veille au soir.
Nous sautons la rivière et hop ! Nous voici en Catalogne !
Il n'est déjà pas très tôt quand nous arrivons au Prado, on traînaille encore un peu jusqu'à ce que l'on se rende compte que tous les grimpeurs qui squattent ici sont en mode repos et que l'un d'eux nous adresse un : "Vous partez où à cette heure ci ?! Ah, vous allez grimper ?!?"

 
En une seconde, je comprends qu'il serait peut être temps de s'agiter un peu. Aussi je remets un petit coup de pression à ce pauvre Raphaël qui avait enfin quelques minutes de répit alors que je le speede depuis hier matin ! 
Allez vite ! Audoubert et le dièdre du même nom nous attendent !


Fin de la marche d'approche à quatre pattes...
La marche d'approche n'est pas longue et la voie un peu plus courte qu'hier... Et pourtant !! Il y a, sans problème, de quoi nous occuper pour le restant de la journée !Cheminées, fissures larges, petits murs déversants... ça grimpe sacrément cette histoire !
Le soleil nous assomme, les pieds gonflent et les bras explosent !

 
 
Je passe un moment assez désagréable, en me mettant complètement à l'envers dans la fissure large en 6b. Après un passage en mode limace qui glisse vers le bas à l'intérieur de la cheminée, je manque de me prendre le plomb du siècle en voulant essayer de grimper à l'extérieur ! Grrrr...
Plus de peur que de mal (mais pas mal de peur quand même !), je suis requinquée pour attaquer le dernier 6c !
Quelques minutes plus tard, nous sortons sur le plateau !

J'ai, bien sûr, une pensée pour Nadia qui avait fait cette même voie, il y a quelques années, avec deux chaussons  du pied droit ! ... Ou deux chaussons "pieds gauches"... A moins que ce ne soit le chausson gauche au pied droit et vice versa... Bref ! Ma colloc est une machine !


Première voie en Paroi de Catalogne et initiation au rituel du cairn !
C'est juste magnifique ! On marche tranquillement entre les jonquilles, les couleurs du soleil couchant embellissent encore davantage ce paysage déjà hallucinant. Les parois se teintent de nuances orangées qui se reflètent dans le lac, et l'horizon rosit à vue d'œil !
La fatigue commence elle aussi à se faire sentir, ce qui ne gâche rien à l'histoire...
Instants magiques qui, à eux seuls, justifient le déplacement !

 
 
Un excellent week-end plein de premières ! Les premières grandes voies de la saison, la première voie de Raph en paroi de Catalogne, ma première voie en paroi d'Aragon et surtout nos premières voies encordés ensemble ! Merci Raph !


Dommage qu'il faille déjà reprendre la route du retour... Mais après 900 mètres d'escalade en deux jours et une  petite trentaine de longueurs, les pieds sont un peu douloureux, les doigts assez usés, les bras plutôt lourds et les épaules un peu rouges ; aussi je suis (presque) contente d'avoir une journée d'école demain pour me reposer un peu !

jeudi 9 mars 2017

Activité "underground" !


Un petit tour dans le terrier du lapin ! Un petit tour ?... Du monde oui !

Hier Venise, aujourd'hui la Muraille de Chine !
Hier soir, les gondoles, aujourd'hui les bottes en caoutchouc... oui, il paraît que la gondole cela n'aurait pas été facile à manœuvrer dans les méandres, moi je crois que c'était tout à fait possible mais enfin... Toujours est-il que je n'ai fait de gondole ni à Venise ni à Pékin !

Hier les masques de carnaval, aujourd'hui les casques et les frontales !
Espérons quand même que l'on y voit un peu plus clair et que le terrier soit moins paumatoire que toutes ces ruelles, tous ces canaux et tous ces ponts !!

On échange gore-tex contre combi, baudrier contre cuissard et enfin et surtout on troque les pizzas pour les petits pains au lard !

Me voici prête à franchir une à une les différentes phases du rite initiatique afin de devenir une vraie "grotteuse" !(crotteuse, je le serai en sortant!)

Revenons à nos petits moutons... euh, lardons ! La tradition semble vouloir que toute bonne sortie spéléo commence par l'achat de petits pains au lard de Magland.
Et là, ça coince, j'avais beau être surmotivée pour aller m'enfermer sous terre par une pure journée ensoleillée, on a bel et bien frôlé la catastrophe...
La boulangerie officielle des "grotteux" affiche fermée... Aie !
Celle située à quelques centaines de mètres a eu, semble-t-il, la même idée... Double "aie" ! Triple même...
Remise en question de la sortie ?!?

Visiblement, partir faire de la spéléo entre midi et deux, cela n'était peut être encore jamais arrivé à mon troglodyte d'amoureux... Bon ce coup-ci, on a une sacrée excuse pour ce départ tardif : le décalage horaire ! ... hier les dolos, ce matin la capitale mondiale de l'alpinisme (...mouais), dans quelques instants, la Chine !
De toute façon, aucun risque d'être attrapés par la nuit puisqu'il fait déjà nuit là bas dessous !

Ces deux échecs essuyés, on tente notre chance plus haut et le but est évité de justesse grâce au boulanger d'Arache ! Oufff !

Quelques minutes plus tard, nous voici à l'entrée de la 4ème merveille du monde : la Grande muraille de Chine.


En toute honnêteté, ça ne ressemble pas à grand chose : un trou dans la neige ni plus ni moins !
Mais avec un nom pareil, j'imagine la suite plus grandiose !

Il paraît que l'on va descendre à - 500. Je crois que je ne me rends pas vraiment compte de ce que cela peut représenter... Mais parfois, il faut prendre le problème à l'envers... Quand je lève les yeux en l'air, m'imaginant + 500, là, je me dis : "Ce doit être un put... de trou ce truc !" (... ou un put... de truc ce trou...)

Bref, on plonge !
 

Première surprise : le vestiaire ! Petite salle plate, température ambiante agréable, cintres et grande bâche pour que les pudiques qui ne veulent pas se mettre tout nu devant tout le monde puissent se cacher dessous... Ils ont vraiment pensé à tout ces chinois ! (Même à donner une utilisation à une vielle bâche crado qui doit traîner là depuis des lustres !)

On continue à quatre pattes puis debout... Et plouf ! Les deux pieds dans la marmite, j'ai bien fait de mettre mes bottes même si je reste persuadée que la gondole aurait été, ici, comme un poisson dans l'eau !
 

Le terrier... euh le terrain s'incline et même se "verticalise" drôlement... Seconde phase du rite initiatique : le rappel !
Un seul brin de corde, fixé en haut et pour seul outil une espèce de barrette à roulettes ! Comme pour découper des pizzas ! ...ah non des pains auxlard... non ça marche pas... tampi !

Voyons voir, si on passe la corde par là puis par ici. Bingo ! Ça freine !
Et pour fermer? Rien d'autre que ce petit clip style "porte clé" ?! ...Ah bon...

Au bout de quelques rappels, le maniement du descendeur est (presque) intégré. Manque de pot, le diamètre des cordes changent et il faut maintenant mettre la corde en 0 et plus en 8 puis à nouveau en 8... et voilà je m'embrouille !
J'espère que cela ne portera pas préjudice à mon intégration dans le clan des taupes Hautes Savoyardes... On verra bien après délibération du jury !


La descente infernale continue, des grands puits, des petits puits, des mains courantes, des échelons, des petites désescalades... Jusque là tout va bien !
En parlant d'escalade, le caillou est étonnamment beau et sain; même pas boueux et même pas glissant. En fait, grimper en bottes, c'est du 2 !

 

... Les Puits du Sumo, du Bambou, du dragon, la Faille des Suisses... autant d'infos à mémoriser en plus du sens dans lequel il faut mettre son descendeur en fonction du diamètre des cordes ! ça fait beaucoup...

Finalement, nous voilà dans la salle à Lhassa, je cherche le drapeau tibétain partout mais forcément les chinois sont passés par là...
Et ce bruit, c'est quoi ?!
La rivière Tsangpo, tiens ! ... J'en été sûre qu'il fallait prendre la gondole...
Et par là ?!
Le trésor, tiens ! Une jolie petite galerie concrétionnée : des stalactites, des stalagmites, de petites draperies, des fistuleuses... De quoi rendre un spéléo Haut Savoyard aussi fier qu'un spéléo Héraultais qui descendrait à - 500 ! Echange de bons procédés !



 
Le moment (un peu) redouté arrive : "Allez, maintenant on remonte !"
... Oups ! C'est un peu comme quand au Verdon, tu tires le dernier rappel et que tu aperçois une succession de dalles lisses et raides au dessus de ta tête qu'il va te falloir franchir une à une pour te sortir de ce pétrin dans lequel tu t'es délibérément fourré !

Je gagne quelques minutes ,avant de devoir faire le clown en me tortillant au bout d'une corde, grâce... aux pains au lard (encore eux) ! Eh oui, il faut bien reprendre quelques forces ! Rhaaaammm !


Troisième phase : remonter à la surface !
Pour cela j'ai le privilège d'assister à un cours très particulier. Crawl-Basic-Pantin... En haut-en bas-au milieu... Le pieds ici, la main là... C'est bien simple, au début t'y comprends rien !
Ensuite tu mets tout dans le désordre : ça ne fonctionne pas ! ... Et là c'est toi qui ressemble à un "pantin" !
En remettant tout dans l'ordre et ça marche plutôt pas mal ! La remontée sur corde, c'est "Basic" en fait !
Un pied puis l'autre, une main puis l'autre... Un peu comme du "Crawl" quoi !?!

video

En fait, une fois que ça déroule, c'est assez rigolo tout ça !

En remontant je révise : Le Jumo, Le Bambou, Le Dragon... Il parait qu'en sortant ,il y a interro !
Heureusement, l'interro se délocalise chez Pierrot & Co devant une bonne bière suivie d'un délicieux plat de lasagnes ! Vraiment sympa d'accueillir deux craspouilles affamées comme nous ! 
 
Et pour finir, quatrième et dernière phase pour entrer dans la bande des "grotteux" : il paraîtrais que la coutume voudrait que ce soit la nouvelle petite taupe fraîchement initiée qui écrive elle-même le compte rendu de la sortie. 

Alors voilà, c'est chose faite ! ... J'pourrais revenir ?!

dimanche 5 mars 2017

Glace à italienne...

 
... Ce n'est maintenant plus un secret pour personne : j'adore trop les vacances !
Et quand le programme des vacances, c'est balader crampons et piolets dans les Dolomites avec son amoureux en mangeant des pizzas, ben là, c'est... C'est comment que l'on dit quand on adore plus que beaucoup ?!? ... C'est WAHOU !
 
Entre glaçons, nomics, bretzels, spa, contraventions et manteaux de fourrure, voici comment passer une chouette semaine dans ce coin magique !


Giorno uno : Benvenudo dans les Dolomites !
Il n'y a pas de doute, les Dolos c'est mythique !
Tous ces sommets, ces tours, ces parois ; toutes ces lignes qui font rêver, des itinéraires historiques, des voies classiques, l'admiration pour ceux qui y ont planté les premiers pitons, des grimpeurs incroyables... Le berceau de l'escalade libre saupoudré de neige, c'est encore plus beau qu'entouré de prairies vertes !


Après un p'tit déj' à Bolzano, un pique-nique à Selva di Gardena, nous y sommes enfin !! Avant que la nuit ne tombe nous allons faire un tour dans une jolie cascade aux alentours de Colfosco.
L'occasion de s'apercevoir qu'ici le 3sup ça ne rigole pas ! Les bras chauffent et les yeux brillent ! Trop bien de grimper !




Giorno due : Vallunga party !
Petite balade et découverte de ce joli coin... Un grand fond de vallée tout plat, une rivière, des pistes de ski de fond, sur les côtés des grandes parois, des profonds couloirs et quelques beaux bouts de glace qui pendent ! On repère rapidement "Illuminati", LA ligne du coin. Malheureusement tous ces jolis glaçons sont en versant sud...

 
 
On préfère chercher l'ombre et on se laisse tenter par les tentacules de la "Piovra"... Deux très grandes longueurs pour remonter ce drôle d'animal ! Et comme on aime, on recommence !

 

 

 
On rentre au camion, le sourire accroché aux oreilles... Même le papier jaune posé sur le parebrise n'y change rien !
40 euros pour ne pas avoir mis de ticket de stationnement, c'est quand même un peu cher payé non ?


Giorno tre : Vive la montagne libre !
Il est 11h, on est encore au chaud dans le camion quand on reçoit une petite visite... Casquette blanche, uniforme, panoplie du parfait petit gendarme, air pas rigolo et carnet de papiers jaunes à la main !
Notre bon monsieur fait mine de chercher le ticket de stationnement d'aujourd'hui, puis nous sort l'amende d'hier et semble exiger que l'on règle nos dettes sur le champs !
Bien sûr, on lui explique que l'on n'est pas trop motivé pour payer et que nous, on veut juste se balader, tranquille, en montagne...
Il insiste, on résiste, il insiste encore... Payer pour aller grimper, ça ne risque pas !
De toutes façons quoi ?! Il ne va pas nous donner un coup de matraque, quoiqu'avec ce que font les flics avec ce genre d'outil ces temps-ci, on ferait bien de se méfier... ou de serrer les fesses !

Il ne lâche pas l'affaire et demande à voir notre permis de conduire. Naïvement je lui tends le mien en me disant qu'il ne s'agit que d'un simple employé municipal qui va, tout au plus, relever les quatre pauvres numéros qui se trouvent dessus...
Erreur ! Hop ! Confisqué le permis ! Mais quel enfoiré celui là...

Voilà comment commence la journée : en voyant mon permis s'envoler, tout comme la fumée qui sort du pot d'échappement de sa bagnole qui s'éloigne !
Tout ça, a au moins le mérite de nous énerver un petit peu et à midi, on décolle enfin !
 
 
Heureusement que nous sommes remontés comme des pendules parce l'approche est, elle aussi, un peu énervante. Une raide montée dans les pins nains couverts de neige ! Grrrr ...encore la faute au garde municipal ça !
 
Trois heures plus tard, nous découvrons enfin "Jumbo Jet" : c'est beau mais le rideau du haut ne semble pas connecter avec la vire... On monte, on verra bien !
 
 
 
 
 
 
On grimpe une jolie longueur et par une vire on rejoint le pied du ressaut supérieur.
Bingo ! C'est bien ce qu'il nous semblait, c'est beaucoup trop fin pour espérer jouer à quelque chose là-dessus... Tant pis ! ... Le mec à casquette doit encore y être pour quelque chose, c'est sûr !
On se console avec une petite couenne et on reprend le chemin de la vallée, la jungle nous attend !
  
 



 
Giorno quattro : Une grande journée pour la diplomatie française ! Après avoir songé toute la journée d'hier à abandonner ici mon permis de conduire, on se dit qu'il serait peut être plus raisonnable (heureusement que je suis là !) de payer l'amende mais de repartir en France avec...
On met un réveil pour la première fois ! Ce gros c... à casquette nous fait vraiment faire n'importe quoi !
Une fois les affaires d'adultes réglées, on file en direction de Cortina d'Ampezzo ! En chemin, les Cinquo Torri et le Tofana de Rozes qui se découpent sur un ciel bleu azur nous rappellent que malgré leur réglementation à la noix, ils ont quand même des montagnes vraiment magnifiques !
 
Tofana Di Rozes
Tempête de beau temps : le thermomètre s'affole et les glaçons tirent la tronche...
On opte donc pour une belle trilogie... Vous pensez à Picola/Cima Ouest/Cima Grande ?! Non, c'est plutôt  ! Sauna/Hamam/jacuzzi !
 
La journée se termine dans les rues de Cortina par une pizza et... par (encore?!?) un papier jaune sur le parebrise !


Giorno cinque : Dans les Rocheuses Canadiennes !
Belles forêts, larges rivières aux eaux claires, grandes plages de galets, profonds canyons, cascades, grandes parois ; les Rockies, je vous dis !  ...Il ne manque que les ours et les ratons laveurs ! ... Ah non, les poils des ratons laveurs sont sur les pompons des bonnets dans les vitrines de Cortina et ici, on n'est pas au Canada mais dans le Val Di Fanes...
 
 

 
 
Après une petite balade sur un sentier botanique, on découvre "El puente alto", un pont qui saute une profonde gorge ; ou plutôt on découvre ce qui ce trouve sous "El puente alto" : un canyon et des glaçons ! 
On se regarde... On y va ?! Et bien sûr qu'on y va, c'est trop beau !
 
 
 
Un rappel plus tard, on est au fond de ce joli canyon... On trouve de quoi s'amuser toute la journée dans ce cadre, qui plus est, assez photogénique ! 
 


 

 
 
 

Giorno sei : Jour de pluie à Cortina, les manteaux de fourure sont de sortie mais aujourd'hui, ça doit un peu sentir le chien mouillé ! Et les sacs à mains Dior, c'est waterproof ?! Tant qu'à avoir les pieds humides et à voir des gens déguisés, on file à Venise ! C'est le carnaval !
 
 
 
Et demain, nous aussi on se déguisera, on enfilera nos costumes de taupes ! ...Mais ça c'est une autre histoire !
 
Vive les vacances !